vendredi 10 novembre 2006
Danger sur Bastia
Par Ghjilormu, vendredi 10 novembre 2006 à 07:29 :: Autour du match

Résultats décevants, finances au plus bas, tensions dans le staff : les Bastiais traversent des heures difficiles.
d’illusions. Mardi, au soir d’un match nul à domicile contre Le Havre (1-1) et dans une ambiance exécrable avec les supporters, Bernard Casoni, l’entraîneur bastiais, essaya mollement de convaincre l’auditoire : « Rien n’est hypothéqué. » Avant de s’emballer : « Mais, maintenant, on va arrêter de parler de montée, ça ne sert à rien, on ne gagne pas un match. » Les raisons de cet échec presque prévisible sont multiples : une fin de saison dernière traumatisante (en course pour la montée tout au long de l’année, Bastia s’est écroulé lors des dernières journées), le départ de joueurs importants (Penneteau, Jau, Sauget), un manque de leaders dans le vestiaire, des tensions entre Casoni et ses adjoints (Michel Padovani et Éric Durand, l’entraîneur des gardiens), une défense friable et l’absence d’un buteur (Meslin, le meilleur réalisateur du club, a marqué six fois, mais « jamais dans les moments décisifs », selon Casoni, qui lui reproche « son manque d’implication à l’entraînement »).Àcela sont venus s’ajouter les blessés : Laville, Lorenzi, André ou encore Camadini. « L’année dernière, j’avais une colonne vertébrale dans cette équipe, explique Casoni. Là , je ne l’ai pas encore trouvée. »
Les piètres résultats poussent déjà Charles Orlanducci, le président, à cogiter sur le budget de la saison prochaine : « Une autre année en L 2 et il va falloir le revoir à la baisse (actuellement 11 M€) ». Contexte économique difficile, manque de sponsors, encadrement de la masse salariale par laDNCG: Bastia est dans une situation financière délicate. Et n’a tout simplement plus les moyens de ses ambitions, notamment en matière de recrutement. Orlanducci mise beaucoup sur le centre de formation, qui sera bientôt terminé à Borgo avec l’aide de subventions publiques. « Il est vital », affirme- t-il, oubliant peut-être que la formation est, elle aussi, un secteur ultraconcurrentiel.
Si Casoni utilise des jeunes du cru, notamment l’épatant Ghisolfi, il n’y voit pas la solution miracle à court terme, mais « d’ici cinq ans », soit bien après la fin de son contrat, en 2008. Certains joueurs sont aussi sceptiques. « Les jeunes du club sont pleins de générosité, mais ils n’ont pas fini leur formation, explique Pierre-Yves André. Ils manquent parfois d’expérience dans les moments difficiles. On aurait dû les incorporer à dose homéopathique.
» C’est pourtant eux qui sont appelés à sauver un club, finaliste de la Coupe de l’UEFA 1978, qui a marqué le foot français. – V. G. (L'EQUIPE)''



