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vendredi 10 novembre 2006

Danger sur Bastia

Krol
RĂ©sultats dĂ©cevants, finances au plus bas, tensions dans le staff : les Bastiais traversent des heures difficiles.
d’illusions. Mardi, au soir d’un match nul Ă  domicile contre Le Havre (1-1) et dans une ambiance exĂ©crable avec les supporters, Bernard Casoni, l’entraĂ®neur bastiais, essaya mollement de convaincre l’auditoire : « Rien n’est hypothĂ©quĂ©. » Avant de s’emballer : « Mais, maintenant, on va arrĂŞter de parler de montĂ©e, ça ne sert Ă  rien, on ne gagne pas un match. » Les raisons de cet Ă©chec presque prĂ©visible sont multiples : une fin de saison dernière traumatisante (en course pour la montĂ©e tout au long de l’annĂ©e, Bastia s’est Ă©croulĂ© lors des dernières journĂ©es), le dĂ©part de joueurs importants (Penneteau, Jau, Sauget), un manque de leaders dans le vestiaire, des tensions entre Casoni et ses adjoints (Michel Padovani et Éric Durand, l’entraĂ®neur des gardiens), une dĂ©fense friable et l’absence d’un buteur (Meslin, le meilleur rĂ©alisateur du club, a marquĂ© six fois, mais « jamais dans les moments dĂ©cisifs », selon Casoni, qui lui reproche « son manque d’implication Ă  l’entraĂ®nement »).Ă€cela sont venus s’ajouter les blessĂ©s : Laville, Lorenzi, AndrĂ© ou encore Camadini. « L’annĂ©e dernière, j’avais une colonne vertĂ©brale dans cette Ă©quipe, explique Casoni. LĂ , je ne l’ai pas encore trouvĂ©e. »
Les piètres rĂ©sultats poussent dĂ©jĂ  Charles Orlanducci, le prĂ©sident, Ă  cogiter sur le budget de la saison prochaine : « Une autre annĂ©e en L 2 et il va falloir le revoir Ă  la baisse (actuellement 11 M€) ». Contexte Ă©conomique difficile, manque de sponsors, encadrement de la masse salariale par laDNCG: Bastia est dans une situation financière dĂ©licate. Et n’a tout simplement plus les moyens de ses ambitions, notamment en matière de recrutement. Orlanducci mise beaucoup sur le centre de formation, qui sera bientĂ´t terminĂ© Ă  Borgo avec l’aide de subventions publiques. « Il est vital », affirme- t-il, oubliant peut-ĂŞtre que la formation est, elle aussi, un secteur ultraconcurrentiel.
Si Casoni utilise des jeunes du cru, notamment l’épatant Ghisolfi, il n’y voit pas la solution miracle Ă  court terme, mais « d’ici cinq ans », soit bien après la fin de son contrat, en 2008. Certains joueurs sont aussi sceptiques. « Les jeunes du club sont pleins de gĂ©nĂ©rositĂ©, mais ils n’ont pas fini leur formation, explique Pierre-Yves AndrĂ©. Ils manquent parfois d’expĂ©rience dans les moments difficiles. On aurait dĂ» les incorporer Ă  dose homĂ©opathique.
» C’est pourtant eux qui sont appelés à sauver un club, finaliste de la Coupe de l’UEFA 1978, qui a marqué le foot français. – V. G. (L'EQUIPE)''

Krol fait marche arrière

Krol
L’entraîneur d’Ajaccio est revenu à un jeu plus prudent, qui satisfait les joueurs.
« GAMEEEL ! », HURLE RUUD KROL pour replacer Kamel Chafni lors d’un exercice d’entraĂ®nement. Il y a une chose qui n’a pas changĂ© chez l’entraĂ®neur nĂ©erlandais depuis son arrivĂ©e en Corse, Ă  l’intersaison. Son accent. Parfois drĂ´le, parfois incomprĂ©hensible. Pour le reste, après une dĂ©convenue Ă Caen (0-4) et une victoire peu probante contre Libourne - Saint-Seurin (1-0), le double finaliste de la Coupe du monde et triple vainqueur de la C 1 avec l’Ajax a reniĂ© quelques-uns des ses principes. Ceux qui ont fait le beau jeu des NĂ©erlandais dans les annĂ©es 70. Mais qui, visiblement, en Ligue 2 et avec cette Ă©quipe, ne passaient plus. « Je pense qu’il s’est senti fragilisĂ© par la dĂ©faite Ă  Caen, explique Bernard Simondi, son adjoint. On a plus discutĂ© et Ă©changĂ© lors de la semaine qui a suivi que depuis son arrivĂ©e.»
Ă€ Brest, mardi (1-0), Krol a Ă©changĂ© son 4-3-3 pour un 4-4-2 plus classique, avec deux milieux rĂ©cupĂ©rateurs et non plus le seul Rodrigo, pour qui la tâche Ă©tait trop ardue. En Bretagne, l’ACA a jouĂ© plus bas, plus regroupĂ©, exerçant un pressing de zone et non plus tout-terrain et souvent dĂ©sordonnĂ©. Un schĂ©ma qui rassure les joueurs hors de leur base, oĂą ils n’ont pris que cinq points. Et qui devrait ĂŞtre reconduit Ă  domicile contre Bastia. « On a voulu faire jeu Ă©gal avec Caen chez eux, jouer au ballon et on a pris une belle leçon », dĂ©plore le dĂ©fenseur Nenad Dzodic. « C’est d’autant plus rageant qu’on savait que ça allait se passer comme ça, enchaĂ®ne son capitaine Xavier Collin. Avec ce nouveau système, l’équipe est plus compacte, donc plus solidaire aussi.»
Rassurant derrière, bien en place au milieu et rĂ©aliste devant avec le duo Mandrichi-Scarpelli, Ajaccio a ramenĂ© de Brest sa première victoire Ă  l’extĂ©rieur et aussi des certitudes. Simondi sent dans les discussions entre joueurs aux entraĂ®nements « qu’il s’est passĂ© un truc positif dans le groupe ». Le mal-ĂŞtre de certains, gardĂ©s contre leur volontĂ© par le prĂ©sident Michel Moretti, semblemĂŞme oubliĂ©. « J’ai eu du mal Ă  tourner la page, raconte Chafni, Ă©cartĂ© quelque temps avec la rĂ©serve et qui a fait son retour comme titulaire chez les Bretons. La descente, le fait de ne pas ĂŞtre parti, ça m’a perturbĂ©. Mais je ne me voyais pas rester en CFA 2 toute la saison. Alors, je me suis remis en question. »
Pour que toutes ces promesses ne restent pas que des mots, une victoire ce soir contre Bastia est impĂ©rative. « On a neuf points de retard sur le troisième. C’est Ă  la fois beaucoup et pas grand-chose, continue le milieu de terrain corse. On va se dire que c’est beaucoup, ça nous poussera Ă  faire le maximum. » De toute façon, l’ACA n’a plus le choix. Un parcours sans faute est dĂ©sormais son unique chance d’espĂ©rer revoir la Ligue 1. – V. G. (L'EQUIPE)

Un derby pour espérer

Sup
L’AC Ajaccio et Bastia doivent gagner pour maintenir un infime espoir de recoller aux prétendants à lamontée.
ON AIMERAIT SE TROMPER. Mais le stade François-Coty ne fera pas le plein, ce soir, pour le premier derby corse depuis le 16 janvier 2005. C’était alors en L 1. Un autre temps. Une Ă©poque oĂą la Corse, 160 000 habitants et un des PIB (produit intĂ©rieur brut) les plus faibles de toutes les rĂ©gions françaises, pouvait se permettre d’avoir deux reprĂ©sentants dans la plus haute division du sport collectif majeur. L’AC Ajaccio et Bastia sont aujourd’hui frères demĂ©diocritĂ© en L 2, deux des grosses dĂ©ceptions du dĂ©but de saison. L’unique enjeu d’un succès est de garder un infime espoir de ne pas dĂ©crocher dĂ©finitivement du wagon de tĂŞte. « Vous venez pour le derby ? Je vous prĂ©viens, ça ne m’intĂ©resse pas », avait prĂ©venu Michel Moretti. Ă€ Bastia, le refrain Ă©tait repris cette semaine sur l’air de « Le derby ? C’était mieux avant ». Et pourtant… Charles Orlanducci, le prĂ©sident bastiais, s’attend Ă  un match « tendu ». Ă€ Ajaccio, on parle encore de« passion ». L’entraĂ®neur adjoint du Sporting, Michel Padovani, se souvient, lui, de la raclĂ©e reçue des mains de son père dans les annĂ©es 60. Il avait osĂ© rire après une lourde dĂ©faite du Sporting Ă  domicile contre les voisins du Sud. Alors, ce n’est pas un Lyon - SaintÉtienne, encore moins un Boca-River. Mais un derby reste toujours une affaire d’honneur et de fiertĂ©. Surtout en Corse.
VINCENT GARCIA (L'EQUIPE)

ACA / SCB : Les équipes probables

AC AJACCIO : Roux – Dujeux, Laurenti, Dzodic, Collin (cap.) – Rocchi, Pierazzi, Rodrigo, Chafni – Mandrichi, Scarpelli. Remplaçants : Bernardi (g.), Zarabi, Kolar, Scotté ou Gr. Lacombe, Khiter.
BASTIA : Ejidé – Marester, Meniri, Maire, Jarjat ou Bridonneau – Barthélemy, Ghisolfi, Ga. Coulibaly ou Y. Gomez, Fr. Mendy – Ben Saada, André (cap.). Remplaçants : J.-L. Leca (g.), Bridonneau ou Jarjat, Y.Gomezou Ga. Coulibaly, Née, Meslin.