mercredi 13 décembre 2006
Orlanducci : « J’ai connu le meilleur et je suis prêt a affronter le pire… »
Par Ghjilormu, mercredi 13 dĂ©cembre 2006 à 16:16 :: Club

(Photo G.Baldocchi)
Mardi dernier, Charles Orlanducci (président du conseil de surveillance), Jean Giambelli (président du directoire) et Jean-François Paolacci (directeur financier), ont répondu à une convocation, à Paris, de la Direction Nationale de Contrôle et de Gestion.
Plus qu'une invitation à poursuivre les efforts entrepris, les dirigeants bastiais ont fait l'objet d'un rappel à l'ordre, assorti d'une mise en garde : si le Sporting ne présente pas des comptes à l'équilibre en juin, il sera rétrogradé en National.
Le Président Charles Orlanducci s’explique :
« Quelle est la situation financière actuelle du club ?
Elle est conforme à nos prévisions. On savait qu'on aurait des difficultés, du fait notamment que certains produits restent aléatoires. Un exemple : on n'a toujours pas réalisé les 150.000 € budgétisés au titre du sponsoring. Et nous ne sommes pas sûrs de percevoir les primes de 150.000 € prévues dans les accords de transferts de Penneteau et Haas. On savait au départ que le compte d'exploitation serait déficitaire, de l'ordre de 1,3 M€.
Comment présenter un budget à l'équilibre en juin ?
Déjà , près de la moitié du déficit sera couvert par les bénéfices réalisés au précédent exercice après transferts, soit 600.000 €. Pour le reste, il faudra vendre des joueurs comme les autres années, et poursuivre la politique de restriction budgétaire engagée à l'intersaison.
La réduction des effectifs ne suffira pas. Dans quels secteurs et comment réaliser de nouvelles économies ?
Dans tous les secteurs, y compris le sportif. L'engagement d'un joueur en janvier était inscrit au budget, c'est annulé. On va donc économiser la somme prévue à cet effet. Et puis il y aura sans doute d'autres suppressions de poste d'ici juin.
Le club peut-il demander aussi un effort aux joueurs, ses salariés les mieux payés ?
D'abord, je vais les rencontrer avant le match de coupe dimanche à Cannes, pour leur dire qu'on attend beaucoup plus d'eux que ce qu'ils nous ont montré vendredi contre Gueugnon. Après, on verra comment ils pourraient participer à l'effort général.
Que risque le SCB s'il ne tient pas ses engagements ?
Je vais être très clair : si l'on ne fait pas ce qu'il faut pour présenter un bilan à l'équilibre, on sera rétrogradé en National et personne ne pourra rien pour nous. La DNCG nous a fait confiance et n'ira pas plus loin. La menace est réelle.
Des départs sont-ils programmés pour le mercato de janvier ?
Il n'est pas nécessaire de vendre des joueurs le mois prochain, mais la porte ne sera fermée à personne. Si des opportunités se présentent on les étudiera (cf Camadini). Ce qui est sûr en revanche, c'est qu'il faudra vendre en juin.
Le club ne recrutera donc pas ?
S'il y a des départs ils seront compensés, mais pas avec des salaires du même niveau.
Au risque d'affaiblir l'équipe ?
Il faut savoir ce que l'on veut, sauver le club d'une relégation administrative ou continuer à lui faire courir un grand danger ? Si on était encore en course pour la montée la stratégie aurait été autre. Là ce n'est plus le cas.
Les années passent et les problèmes financiers demeurent. N'est-ce pas le signe d'une mauvaise gestion ?
Pas exactement, même s'il est évident que le club n'a pas toujours fonctionné comme il aurait dû, c'est-à -dire comme une entreprise. Il y a deux ans, il avait fait un effort particulier en recrutant Karembeu et Ziani dans l'espoir d'éviter la relégation. Pareil l'an passé et à l'intersaison dernière, avec cette fois l'espoir de remonter. Ça n'a pas marché. Non seulement on va arrêter là , mais le budget de la prochaine saison sera revu à la baisse. Sans cela le club serait condamné.
Avec le budget ce sont aussi les ambitions qui seraient revues Ă la baisse ?
On va avoir les ambitions de nos moyens, et ne plus vivre au-dessus de nos moyens. On est en L2 et on ne peut pas continuer Ă payer des salaires de L1.
Espérez-vous une aide des institutionnels ?
Jusqu'à présent la Région nous versait une subvention de fonctionnement de 182.000 € plus 153.000 au titre de la communication, et le Département 280.000 €. On espère que ces aides seront reconduites. On a également fait une demande auprès de la mairie de Bastia, sur la base de la subvention attribuée précédemment, soit 305.000 €. Il faut savoir que la municipalité ne donne plus rien depuis deux ans. L'année se termine et on n'a toujours pas eu de réponse. On aimerait bien être fixés rapidement. Paradoxalement, on bénéficie d'un soutien franc et massif de l'Etat qui a débloqué 1,6 M€ dans le cadre du PEI pour nous permettre de terminer le nouveau centre de formation de Borgo.
Au-delà des mesures qui sont prises pour répondre aux difficultés du moment, le club ne doit-il pas mettre en place une nouvelle stratégie sur le long terme ?
C'est tout le sens de notre démarche. Des efforts ont été faits mais ils sont insuffisants. Les mesures prises ne serviraient à rien si le problème n'est pas abordé au fond : à savoir gérer le club comme une véritable entreprise avec une stratégie claire et acceptée de tous, où la primauté ne serait pas laissée au seul secteur sportif mais réfléchie avec l'administratif et le financier. Il est indispensable de tracer des perspectives pour les trois ou cinq années à venir. Le club ne peut plus être géré dans l'immédiateté et l'urgence. Il faut anticiper les échéances et raisonner les objectifs, définir les grands axes de travail : quel budget de fonctionnement et en déterminer la meilleure utilisation ? La formation : bilan, perspectives et stratégie de développement ? Moyens mis à dispositions pour atteindre les objectifs ?
Comment voyez-vous l'avenir ?
Je suis confiant et motivé. J'ai connu le meilleur et je suis prêt à affronter le pire, avec le concours de l'ensemble des dirigeants et des salariés. L'ambition demeure de pérenniser le club pour retrouver le plus vite possible l'élite. »
(JRG de Corse-Matin)


