
Votre équipe se retrouve 12 ème après 20 journées, comment l'expliquez-vous ?
Par une accumulation de petits détails. Nous manquons de confiance, cette année à part une ou deux rencontres, nous nous sommes toujours procurés des occasions. Mais nous avons manqué de réalisme et de réussite. Nous collectionnons les périodes où nous pouvons tuer les matches, mais nous ne le faisons pas. L'équipe est jeune et elle a parfois du mal à gérer les temps forts d'un match. Elle a des qualités et des défauts. Elle sait faire preuve de fougue, d'enthousiasme mais elle est victime de sa naïveté, d'un manque de confiance. Une de caractéristiques de notre première moitié de saison, c'est que nous réagissons plus que nous agissons. Le dernier match à Reims en témoigne. Nous ne sommes pas loin de la vérité, mais il manque toujours un petit quelque chose.
Vous attendiez-vous toutefois à un pareil scénario ?
J'espérais mieux, même si, à vrai dire, je ne savais pas trop à quoi m'attendre après les départs de Penneteau, Sauget ou encore Jau. Ces départs ainsi que les blessures de Laville ou d'André, les arrivées tardives d'Ejidé et de Meniri ont privé l'équipe d'une colonne vertébrale, susceptible d'encadrer nos jeunes. L'an dernier en quinze jours je disposais d'une ossature. Tout s'est fait naturellement. Cette année, nous n'avons jamais pu travailler dans la continuité. Durant cette première partie de saison, il faut reconnaître que l'on a fait beaucoup de bricolage.
L'équipe vous apparaît-elle affaiblie par les départs de Camadini et de Jarjat ?
Il faudra attendre la fin de la saison pour répondre à cette question. Mais oui, c'est toujours difficile de perdre un joueur tel que Pascal. Un élément d'expérience capable de mettre le pied sur le ballon et de soulager ses coéquipiers n'est pas évident à re-trouver.
On sait ce qu'on perd. J'espère que d'autres se révéleront. L'arrivée de Licata est une bonne nouvelle, on le voulait déjà l'an passé. C'est un bon joueur, mais attention ce n'est en aucun cas le messie. Il lui faudra certainement un peu de temps pour se familiariser avec l'équipe et trouver son rythme.
Votre parcours à domicile reste t-il problématique ?
C'est vrai, il existe un syndrome Furiani. Nous avons abandonné trop de points à la maison. C'est peut être paradoxal, mais l'équipe n'arrive pas à se libérer chez elle alors qu'à l'extérieur son comportement est souvent meilleur. Certains joueurs, sachant qu'ils sont attendus par un public qui ne leur pardonne pas grand chose, ont du mal à se lâcher et évoluent en dedans. Nous devons ainsi fournir encore plus d'efforts, mais nos supporters doivent également comprendre que sans patience et soutien nous n'y arriverons pas.
Que manque-t-il Ă Bastia pour se relancer ?
Gagner des matches ! L'équipe a besoin de renouer au plus vite avec le succès et d'enchaîner une série. A l'image du club, nous manquons parfois de sérénité. Les choses sont en train de bouger. Le club est en pleine restructuration, l'équipe aussi. C'est frustrant car avec quatre ou cinq points supplémentaires - ce qui était tout à fait envisageable - nous aurions plus de certitude dans l'avenir...
Quelles sont désormais vos priorités ?
Travailler et s'impliquer toujours plus. La vérité passe par le terrain et notamment lors des séances d'entraînements où tout le monde doit redoubler d'efforts. Je veux que tous les joueurs s'investissent au quotidien, s'inscrivent encore plus dans le projet. Tout le monde doit faire son autocritique et se remettre en question. De toute manière je ne prendrais que les plus vaillants, les plus costauds. Il n'y aura pas de place pour les états d'âme.
(JRG de Corse-Matin)